La chambre Régionale des comptes des Pays de la Loire a publié un rapport en décembre 2024 qui fait état de la trajectoire ZAN vers la sobriété foncière sur le territoire de Nantes Métropole – principale métropole du Grand Ouest (24 communes et 672 420 habitants).
La consommation foncière ralentit drastiquement…
Avant même le vote de la loi Climat et Résilience, le PLUi de la Métropole adopté en avril 2019 définit l’objectif ambitieux de réduire de 50 % le rythme de consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) d’ici 2030 avec des surfaces de zones à urbaniser passant de 1900 ha dans les PLU communaux précédents à 975 ha dans le nouveau PLUi. En conséquence, le rythme d’artificialisation des ENAF sur le territoire a été réduit de 40% entre les périodes 2011/2012 et 2021/2022.
… au détriment de la production de logement
Sur la période 2010-2019, la production de logements neufs variait entre 6000 et 9000 logements par an sur les 24 communes du territoire.
Le Programme Local de l’Habitat de Nantes Métropole approuvé en décembre 2018 a fixé un objectif de production déjà limité à 6000 logements neufs par an notamment pour répondre à la demande d’un territoire attractif économiquement et dynamique démographiquement et dans lequel la taille des ménages s’est réduite beaucoup plus qu’ailleurs.
Toutefois, le premier bilan présenté en 2023 fait état d’un ralentissement très fort et continu de la production de logements neufs :
- 6520 logements en 2019
- 4056 logements en 2020
- 4824 logements en 2021
- 3575 logements en 2022
La cour des comptes identifie plusieurs causes de ce ralentissement : crise COVID, difficulté d’accès au prêt, renchérissement des couts de la construction, augmentation des recours ou complexité des règles d’urbanisme. Toutefois, la forte réduction des surfaces à urbaniser pour l’habitat joue également une part importante dans ce décrochage.
Une part importante du foncier à urbaniser dédié à l’économie
Alors que la part de la consommation foncière attribué aux activités économiques est évaluée à 23% au niveau national, celle-ci est portée à hauteur de 34% sur le territoire de Nantes Métropole avec une centaine de zones d’activités.
Cette consommation foncière répond à une dynamique économique soutenue avec des créations d’emploi importantes notamment un solde net de 45 000 emplois créés sur le territoire de la métropole entre 2015 et 2021.
On observe ainsi un décrochage croissant entre dynamique économique et production de logement sur ce territoire avec des enjeux forts en termes de mobilité et d’accès à l’emploi.


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